vendredi 12 avril 2013

Mr Boudjellal parle de Toulon

Le RCT et l'OM




« Il y a des liens parce que de temps en temps, ils acceptent de nous héberger dans leur demeure. Et il y a aussi un lien affectif fort. L’OM, c’est un club qui ne sonne pas comme les autres lorsqu’on en parle. C’est un club dont on se sent proche. Il y a des soirs, quand le Stade Vélodrome hurle, on pourrait presque l’entendre de Toulon. C’est une fausse-guéguerre entre Toulonnais et Marseillais. Des Toulonnais, il y en a énormément qui vont voir des matchs de l’OM, qui sont abonnés, qui vibrent quand l’OM joue. Il y a encore quelques irréductibles qui pensent que le plus grand club du sud de la France, c’est le Sporting Club de Toulon. On ne peut rien y faire !

Mais j’ai souvenir du moment où l’OM a gagné la Coupe d’Europe. Il me semble que ça klaxonnait pas mal dans les rues de Toulon. Ce n’était pas comme si Toulon avait gagné la Coupe d’Europe, mais ça y ressemblait un peu. Il y a des expressions qui nous sont propres. Il y a deux endroits dans le Sud où on a le droit de dire ‘‘on craint dégun’’, c’est à Toulon et à Marseille. On a des supporters qui ont l’accent du soleil, un accent chaud. Des deux côtés, on a des supporters qui sont prêts à se jeter dans le port ou le Vieux-Port si leur équipe est championne de France. »

Le RCT et les grands stades

« Il y aura deux stades, un de 45 000 places à l’est (Nice) et un de 67 000 places à l’ouest (Marseille). On est les seuls à proposer du rugby de haut niveau dans notre zone géographique. On va essayer de jouer deux-trois fois par saison à Nice. Et deux-trois fois par saison à Marseille. Le RCT deviendra le club d’une région, tout en conservant son identité toulonnaise. Ça, c’est mon usine à gaz à moi. Dès l’année prochaine, il y aura pour la première fois une carte d’abonné niçoise. Les Niçois pourront acheter leurs places pour les matchs qui auront lieu à Nice. Ils seront sûrs d’avoir la même place toute la saison. Et dans deux ans, il y aura une carte d’abonné pour les Marseillais également.

Il ne faut pas se leurrer. On a une problématique à Mayol, personne n’est responsable. Soit on ne s’arme pas pour l’énorme course qui s’annonce en Top 14 et dans ce cas-là, très vite, on jouera pour le maintien ou pour la montée en Top 14. Soit on s’arme avec nos forces. Aujourd’hui, notre force, c’est notre isolement géographique et le fait d’avoir ces deux stades à portée de main pour se donner les moyens de rester un club leader du Top 14. Et pour à terme, être de moins en moins dépendant de l’argent public. On ne sait pas ce qu’il va se passer demain. »

Le RCT et l'avenir

« Je dois absolument chercher une forte augmentation de nos recettes privées. C’est ce que je fais. Si je ne le faisais pas, je pense que je ne gérerais pas bien le RCT. Il me reste quatre ans, moi. Si dans les quatre ans, j’ai réussi à installer ce club dans le sud de la France en gardant son identité, en faisant que tout le monde soit heureux, j’aurai fait ce que j’avais à faire pour le RCT. Et on a commencé à discuter avec la Fédération, on veut créer des centres de formation à Nice et à Marseille, ainsi qu’un centre de formation élite à Toulon. Ce sera un élément de notre identité. Dans les quatre ans, tout sera réalisé.

Ce qui est assez amusant, c’est que tout le monde construit sur un projet solide avec un stade. Ils attendent tous leurs stades pour construire leur équipe et leur économie. On a eu le cheminement inverse. Moi, j’ai d’abord construit sur du rêve. Le rêve est construit, il est en train de se matérialiser. Et aujourd’hui, je fais du solide autour du rêve. C’est une méthodologie différente. Mais j’ai toujours fait comme ça. Dans l’édition, je vendais du rêve et après, je structurais. Là, c’est un peu pareil. »


Le RCT et Clermont

« Autant je n’ai pas de sympathie particulière ou d’animosité avec le président de Clermont, autant je reconnais qu’aujourd’hui, ils ont une équipe magnifique. C’est une espèce de rouleau-compresseur. Moi, je fais avec mes moyens. Michelin a construit avec une machine de guerre avec ses moyens qui sont quand même hors-normes, contrairement à tout ce qui peut se dire. Ils ont mis aussi un talent hors-normes. Le mélange des deux, ça fait une espèce de rouleau-compresseur qui sera difficile à arrêter cette année.

L’argent n’aurait pas suffi, bien sûr. Mais c’est comme Jonny Wilkinson. A l’aile, il vaut mieux Sitiveni Sivivatu que Mimie Mathy pour faire une percée ! Ce qui est surprenant, ce qui est le plus dingue, c’est que les gens oublient que Clermont a un groupe industriel monstrueux. Moi, par rapport à ça, je suis un lilliputien. Clermont essaye de monter une économie, de me battre, avec des stress sur les budgets des fois. Moi, je n’ai pas les moyens de Michelin qui peut éventuellement, sur une mauvaise saison, combler un déficit de quelques millions d’euros sans s’empêcher de prendre fromage, dessert et deux cafés. On n’est pas dans la même division.

La comparaison est flatteuse. Ça prouve qu’on a bien bossé. Mais je dois reconnaître qu’on n’a pas la force de frappe de Clermont. Il faut avoir le talent d’aller chercher Sivivatu. Mais il faut aussi avoir les moyens de le payer. On sait qu’ils les ont parce qu’ils ont l’aide d’un groupe. Ça ne me pose aucun problème. Je suis même envieux. J’aimerais avoir un groupe comme ça moi aussi qui me permette de vivre les matchs en étant moins stressé. Ça ne me dérange pas. Ce qui me dérange, c’est qu’on ne parle que de talent. »





Le RCT et le doublé Top 14-H Cup

« C’est Sharon Stone ! Mais il y a Tom Cruise, c’est Clermont. Et il est au milieu ! (Rires) Il nous emmerde bien parce qu’il est pas mal, quand même. J’ai l’impression que c’est plutôt Tom Cruise qui va embarquer Sharon Stone. Sincèrement, le doublé, c’est impossible. La probabilité est nulle. Je pense qu’on a une très belle équipe cette année. Mais c’est un peu comme sur le Tour de France ou dans le tennis. Il y a eu des mecs qui ont été d’excellents n°2 parce qu’il y avait un mec qui était largement au-dessus.

On a notre meilleure équipe, on aurait pu envisager de gagner quelque chose. Mais il arrive une espèce de monstre, qui s’appelle Clermont. A mon avis, sauf accident, Clermont a le potentiel pour gagner les deux compétitions. Sans aucun problème. Je pense même qu’ils ont deux équipes pour se qualifier pour les phases finales du Top 14 et deux équipes pour se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe d’Europe. Notre problème, il est là.

J’ai envie de retourner en finale. On se construit. Clermont a mis du temps avant de monter cette équipe. Ils ont bien travaillé pendant des années pour arriver à un truc parfait. Quand je les vois jouer, je trouve qu’on n’est quand même pas loin de la perfection. C’est militaire. Ça déroule. On peut changer les joueurs et ça ne change rien. Je dis bravo ! »

Pris sur internet.
( http://www.bfmtv.com/sport/boudjellal-rct-sharon-stone-tom-cruise-490906.html)